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Publiés aux Editions Chloé des Lys :

La théorie du plaisir (poésies, 2009)

Le principe de la joie (poésies, 2009)

Les landes endormies (nouvelles, 2010)

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Extraits des poésies :

Entre le bourreau et sa victime
L’échafaud est la main de Dieu
La science un jour permettra tout
Changera la tristesse en joie
Et le plaisir en douleur
Nous attendons son éveil
Avec l’appétit d’un saint

(La théorie du plaisir ©Yves oliver)

 

La honte incroyable
De nous
Et l’incorrigible volonté
Qui nous pousse à vivre
Encore
Sur ces amas de peaux brûlées
Des croix de métal noir
Cousues sur nos paupières
Nous mangeons la chair
Des enfants perdus
Le désespoir tatoué sur nos cœurs

(La théorie du plaisir ©Yves oliver)

 

J’aimerai encore ton absence
Quand tu seras partie
Et qu’un abîme plus grand
Que la misère humaine
Nous mettra face à face

(La théorie du plaisir ©Yves Oliver)

L’eau nous perd
C’est l’heure la plus sombre
Quand les guerriers ardents
Sortent du brasier

(La théorie du plaisir ©Yves Oliver)

 

Le torrent roule sur les pierres
Les pierres restent immobiles
Dans une étrange étreinte
Plus forte que l’amour

(Le principe de la joie ©Yves Oliver)

 

Avec le temps, il était devenu indispensable de choisir. Les buissons ruisselaient encore des diamants de l’averse. Des fleurs blanches, d’autres mauves, s’étaient mises à percer la couche d’humus. Dans le ciel, la nuit avait chassé les nuages et les premières étoiles vertes émergeaient de l’horizon. De place en place, on pouvait voir de petites nappes de brouillard flotter dans le labyrinthe des arbres.La première heure après la fin du jour, je pouvais encore voir sa frêle silhouette m’accompagner. La lumière blanche et crue de la lune baignait son corps pâle comme du lait. C’est à cet instant seulement que je me rendis compte qu’elle s’était dévêtue. Elle marchait, libre et nue, seule au monde.

(La fugitive in Les Landes Endormies ©Yves oliver)

 

 

Quelque chose lui échappe, quelque chose qu’il possédait, une certitude, l’a quitté. Quand tout à coup, un cri déchirant mais bref fait vibrer la maison. C’est un hurlement presqu’animal, primitif. Puis, c’est comme le bruit d’un corps qui se débat, des froissements d’étoffes et enfin un long râle lugubre qui se perd dans la nuit. Le silence revient petit à petit jusqu’à ce que le calme soit de nouveau total. Dans le jardin, un oiseau vient de chanter : c’est l’aube.

(L'empire de la nuit in Les Landes Endormies ©Yves oliver)

 

 

Déjà, le sang battait à ses tempes et l'air glacé séchait son front humide. Il traversa la forêt qui l'avait vu naître sous l'éclat étincelant de l'astre lunaire. De l'encre violette, drapé liquide des cieux, les cris des oiseaux nocturnes éclataient avec fracas, tels des coups de couteaux venant écarter par instant les flots houleux de son cauchemar. Peu à peu, il s'identifia à la brise qui doucement, tremblotait du nord d'une façon aussi irrégulière que l'eut-été la respiration d'un moribond. Il frôla des fougères, des frondaisons, des bouquets de végétations touffues. Une lueur bleutée le précédait, ouvrant son chemin dans le noir. Imperceptiblement, il se glissa parmi les pins pour finalement sortir de la forêt. Là, tombant à genoux, il délira et pria jusqu'à minuit. A cette heure avancée, il reprit sa course dans le vallon. Le sentier descendait en pente douce et longeait un ruisseau. Son chant lugubre, lourd roulement de plaintes et de lamentations, s'élevait du sol comme un brouillard d'hiver. Mille étoiles de satin dans le ciel et ni orgue, ni église !

(Les enfants de la nuit in Les Landes Endormies/Yves Oliver)